« Personne ne sait comment le désert est entré dans la ville. » Ainsi commence « Luoes », la première des huit nouvelles de ce recueil ; « Luoes », anagramme de Séoul, où est née Guka Han, dont c’est le premier livre. Une anagramme qui révèle l’étrangeté qui habite ce recueil, entre les mondes, les âges et les langues, entre le rêve et l’éveil. L’un décide de refuser le vacarme du monde, l’autre urine « pour éteindre le feu qu’il y a au-dehors, en ville », l’une décide de fuguer, mais ne sait, à son retour, si elle a simplement rêvé, l’autre vit dans une tour abandonnée et se nourrit des déchets de la ville… Chacun semble vivre en exil, entre l’enfance et l’âge adulte, incapable de communiquer avec le monde et les êtres qui l’entourent, et s’en remet à une percep- tion exacerbée des images, des sons, des odeurs pour tenter d’échapper à un devenir fantomatique. Plus qu’un simple recueil, Le jour où le désert est entré dans la ville est un roman fait de nouvelles, tant s’impose la cohérence de cet univers fictionnel.

Ed. Verdier – 09/01/2020