«La Glycine géante», sorte de conte fantastique, revisite un lieu commun souvent utilisé dans ce genre : la maison hantée. Cette nouvelle, qui se déroule en deux temps et recouvre une période de plusieurs décennies, évoque la persistance d’un mal qui continue de croître sous forme végétale ! Mais ce mal n’est pas cette glycine géante qui s’épanouit et envahit la façade de la demeure, comme pour étouffer les crimes du passé. En fait, il représente la rigidité, l’ordre moral et l’univers archaïque dans lesquels les femmes subissent l’autorité d’un père ou d’un mari, ces hommes étant parfois eux-mêmes esclaves de ces normes et de ces mêmes tabous. Ma maison hantée représente l’enfermement de la femme dans le carcan patriarcal et dans une position préétabli où les options sont limitées et les attitudes stéréotypées.

Dans ces trois nouvelles, les maisons évoquées par Gilman, ont ceci d’étrange qu’elles ne sont que des lieux de passage sans véritable agrément, mais jouissant d’un caractère très particulier. Ainsi, le papier peint jaune de la chambre dans «The Yellow Wallpaper»… En revanche, les jardins, luxuriants, s’avèrent tout à fait propices à l’imagination et à l’évasion.

«La Glycine géante», est la première nouvelle écrite par Charlotte Perkins Gilman, nouvelle dont elle a repris l’écriture trois ans plus tard. On y découvre déjà les prémices d’une dénonciation de la société patriarcale ainsi que l’affirmation du combat féministe de l’autrice.

Ed. les petites manies – 15/11/2019