Ces nouvelles de style réaliste suggèrent l’évolution de modestes Algériens du siècle dernier, entre la Kabylie, Alger et Paris, pour ce qui est de l’espace, et des traditions villageoises à la vie quotidienne urbaine, en passant par l’exil et la lutte indépendantiste, pour ce qui concerne le temps vécu. Parcours individuels (paysan soutien de la lutte et que le régime nouveau laissera ruiné, émigré intégré en France que l’engagement dans le FLN conduira en prison, déporté dans un camp de travail durant la Seconde Guerre mondiale, qui se convertira au christianisme), portraits de groupes (la contribution essentielle des femmes de la Casbah à la résistance des années 1950, l’Aïd lors duquel se réunit la communauté familiale éparpillée par les conditions de travail…) – ces récits témoignent sobrement de destins souvent écartelés que réunissent une solidarité sous-jacente et une simple discrétion.

Né en 1936 à Djemaa Saharidj, ayant participé à la grève des études à Tizi Ouzou en 1956, puis milité à la Fédération de France du F.L.N. et connu la prison, Rabah Mahiout fut, après l’indépendance, attaché de presse et journaliste en Algérie. Il a fondé à Paris le périodique Bladi, bulletin de liaison des Algériens de l’émigration.

Ed. Ressouvenances – 10/01/2020