de  Léo Delaperrelle

Prix Jeunesse – Lauzerte 2016

ACTE 1
« Mais fais ce que tu veux, c’est toujours toi qui décides.
-Dans ce cas, j’irai chercher les trois clés.
-Bien, mais je t’en prie, hâte-toi Horace, les armées de Vergris peuvent arriver d’une journée à l’autre !
-Ne vous en faites pas père, je serai de retour au plus tôt. »
C’est ainsi que commença l’aventure de notre héros.
Il s’appelait Horace, il venait d’atteindre la majorité et il était le prince du royaume de Canope.
Étant de la famille royale, il avait hérité de certains des pouvoirs de son père et de sa mère, et avait appris à s’en servir au cours de ses entraînements au combat. Par ailleurs, il savait manier les hallebardes, ce qui était rare dans son royaume.
Sa mission se résumait tout juste en quelques mots : il devait retrouver trois clés.
Lesquelles ? Pourquoi ? Où ? Ça, vous le découvrirez au fur et à mesure de l’avancement de notre histoire.
Quoi qu’il en soit, avant de se lancer dans cette aventure, Horace devait aller chercher son ami le plus fidèle, Cid. Ce dernier vivait à la lisière de la forêt, à quelques kilomètres à l’ouest du château royal. Après quelques concertations, Horace partit donc le soir en direction de la forêt afin d’en repartir le matin avec Cid.
Plusieurs heures plus tard dans la nuit, notre héros arriva sans embûche dans l’habitat de son ami.
« Mais !? Ce n’est quand même pas Horace ? Ça alors, on ne s’est pas revu depuis quelques mois, que deviens-tu ? »
En effet, devant le prince ne se tenait pas un homme comme on pourrait s’y attendre, mais bel et bien un grand loup blanc aux pattes noires qui était certainement en train de chasser.
« Cid, reprit Horace, enfin je te trouve ! Effectivement, je suis navré, mais si je t’ai quitté pendant si longtemps, c’est que j’y étais contraint. De plus, si je suis revenu si tard et si soudainement, c’est à cause d’une menace qui nous a récemment été rapportée par nos espions qui sont postés dans les royaumes voisins.
-Qu’y a-t-il donc ? questionna le loup d’un ton inquiet.
-Tu connais certainement Vergris le Tyran, qui a pris le pouvoir du royaume de l’Est en empoisonnant son roi. Eh bien, il semblerait que sa soif de pouvoir ne soit pas étanchée et qu’il veuille s’en prendre à nous. Apparemment, quelque chose l’intéresse sur notre terre, et c’est justement pour cette raison que je suis là.
-J’écoute… murmura le loup en s’asseyant sur ses deux grandes pattes arrière.
-Vergris a une armée bien plus puissante que la nôtre : même sans pouvoirs magiques, il est bien trop fort. C’est pour cette raison que nous pensons qu’il nous attaque, car tu n’es pas sans savoir ce qui se trouve dans le sous-sol anti-magique du château ?
-Tu parles de ce coffre qui contiendrait une puissance magique infinie et incontrôlable ?
-Exactement !
-Mais ce n’est qu’une légende, s’impatienta l’animal.
-Malheureusement, c’est notre seule piste, et même si le contenu du coffre reste incertain, le coffre, lui, existe bel et bien.
-Mais, dans ce cas, en quoi suis-je concerné ?
-Écoute jusqu’au bout, tu vas comprendre.
-Bien. Mais rentrons, nous serons plus à l’aise dans ma tanière, et il vaut mieux que personne ne nous entende. »
Quelques minutes plus tard, après avoir pénétré dans la tanière du loup, Horace reprit : « Donc, je vais résumer, Vergris veut la puissance du coffre, mais ce coffre ne peut être ouvert que grâce à trois clés qui sont normalement gardées par trois mystérieux individus, un se trouve dans la forêt d’Arkania, un autre est Yin Yan, le grand roi des trois royaumes du Nord, et en dernier un homme dont personne ne
connait aucune information. C’est maintenant que tu entres en jeu, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser Vergris récupérer la puissance infinie du coffre, sinon, c’est la fin de tous les royaumes. Nous devons donc trouver un moyen d’ouvrir le coffre afin d’utiliser sa puissance contre Vergris. C’est pour ça que j’ai besoin de toi, nous allons partir à la recherche des trois clés et les ramener afin que j’obtienne les pouvoirs pour nous protéger de l’armée du Tyran. J’ai demandé de l’aide à mon père, mais il ne pouvait pas envoyer son armée au risque d’être à la merci totale de Vergris, qui peut arriver n’importe quand. Donc, si tu m’aides et que nous partons demain matin, on pourra peut-être revenir à temps pour sauver le royaume. Tu… Tu veux bien m’aider ?
-Évidemment, je ne t’abandonnerai jamais, ça, tu le sais, mais… Quelque chose m’agace. Tu te rends compte que plusieurs anciens héros ont passé leur vie à chercher ces clés et ont tous plus ou moins échoué, or, même si nous savons où se trouvent deux des trois clés, nous ignorons un emplacement et nous avons un temps très limité. Et même si par chance nous arrivons à retourner au château avec les trois clés, tu te souviens que cette magie, en supposant qu’elle existe, est censée être très difficile à contrôler.
-Je sais que beaucoup de critères sont contre nous, mais nous n’avons pas le choix, Vergris possède l’armée la plus puissante du monde et s’il s’empare de cette magie c’est la fin, ce n’est pas pour rien que le coffre est dans une chambre anti-magie depuis des millénaires, on ne sait pas ce que les ondes magiques qui en émanent peuvent créer. Quant à l’emplacement de la troisième clé, je demanderai au grand roi du Nord ou à l’homme qui vit dans la forêt d’Arkania, et pour la magie… J’ai toujours eu une particulière affinité avec la magie, je… Je pense que je m’en sortirai, il le faut. S’il te plaît, fais-moi confiance, et puis, je sais que tu adores ce genre d’aventure et le goût du danger, je te connais bien.
-Un peu trop, on dirait ! bien, je n’ai pas le choix, j’accepte de t’aider. Reposons-nous et demain matin nous partirons !
ACTE 2
Après une courte nuit de repos, ils se mirent en route pour le palais du grand roi Yin Yan. Le voyage dura deux jours. Durant ces deux journées, ils se firent attaquer par un groupe de bandits, ce qui n’attira pas leur attention, c’était après tout commun dans la région. En outre, ils purent admirer la montagne bleue, un des rares vestiges de la première civilisation, dont les seuls descendants sont la famille royale de Canope.
C’est donc aux alentours de midi qu’Horace et Cid arrivèrent à l’entrée du palais.
« Halte-là ! Par ordre de Sa Majesté, personne n’entre sans une autorisation ou un laissez-passer. »
Devant nos amis se tenaient deux gardes dont un avait entamé la conversation et avait, d’un geste simultané à celui de son acolyte, approché son épée devant la porte pour faire bouclier. Était-ce à cause de l’apparence de nos héros ? En effet, c’était plutôt rare de voir venir devant le palais du roi une grande personne aux yeux et aux cheveux courts d’or, équipé d’une hallebarde en acier. Sans parler du grand loup noir et blanc, dont la plupart des congénères sont sauvages et attaquent les gens au premier regard… Non, celui-ci semblait neutre à l’idée d’être dans une ville.
« N’ayez aucune crainte, je suis Horace, prince du royaume central, j’ai un laissez-passer de par mon rang.
-Bien, et cet animal ? Vous savez qu’on n’accepte pas les chiens ici !
-Je ne suis pas un chien ! Je suis un loup ! Et je ne suis pas un simple loup, j’ai des dons particuliers, comme celui de la parole.
-Oh ! Désolé, mais… Vous êtes sûr de ne pas en faire un peu trop ? Non parce que là, heu… Non. Je suis désolé, aucun animal n’est admis à l’intérieur ! reprit le garde d’un air sévère.
-Mais je vous dis que…
-Du calme, enchaîna Horace, tu peux m’attendre ici, je serai rapide.
-Boarf…
-Bien, veuillez entrer s’il vous plait, et vous, dit le gardien en pointant du doigt le loup, pas de geste brusque ! »
Quelques minutes plus tard, alors que Cid se lamentait auprès du garde, notre héros avait obtenu une audience auprès du roi. Malheureusement, même après négociation, il ne put faire mieux qu’attendre plusieurs heures avant de pouvoir enfin lui parler. Il se tenait maintenant devant lui : « J’ai entendu dire que vous étiez à ma recherche et que vous étiez de la famille royale centrale, est-ce vrai ?
-Tout à fait sire, je suis désolé de vous prendre de votre temps, mais j’ai une requête à vous demander, plus précisément, j’ai besoin d’aide pour sauver le monde.
-Ah ! Le monde ! Vous n’avez pas plus de détails ? Le monde m’a abandonné, je n’ai aucune dette envers lui.
-Comment ? Que voulez-vous dire ?
-Le monde m’est étranger depuis qu’hier, un voleur s’est introduit chez moi et m’a volé mon bien le plus précieux, qui de plus, m’avait était confié par votre père.
-Vous… Vous ! Vous parlez de la clé ?!
– Je vois que votre père vous a mis au courant. Effectivement, un voleur du nom de Rioco m’a subtilisé ma clé et j’ai peur de savoir pourquoi… De plus, j’ai l’impression que même mes gardes sont corrompus, je pense qu’ils l’ont laissé faire, et s’ils faisaient bien leur travail, ils vous auraient fait passer devant moi dès votre arrivée.
-Mais… Non ! »
Horace se leva tout en paniquant.
« La clé ! C’est ce pour quoi je suis là ! J’ai été envoyé, accompagné d’un ami pour récupérer les trois afin d’acquérir le pouvoir suprême. Nous devons nous dépêcher, l’armée de Vergris est en marche pour ma capitale, il veut récupérer cette puissance, et notre seul moyen de l’arrêter est que j’obtienne ce pouvoir !
-Que… Que dîtes-vous ? Avez-vous une preuve de ce que vous avancez ?
-Vous croyez que le prince de Canope ferait un voyage de deux jours pour vous faire une mauvaise blague et qu’il repartirait aussitôt pour encore deux jours de voyages ?
-Je… Effectivement, mais dans ce cas il vous faut vous dépêcher, tout ce que je sais sur Rioco, c’est qu’il vit au sud-est d’ici dans une grotte, non loin de la forêt d’Arkania et que dans son repère se trouve une bonne poignée de bandits. J’ai bien essayé d’y envoyer des gardes, mais ils trouvent toujours une excuse, ils sont corrompus jusqu’aux os, faites attention. Il y en a tout de même un en qui je peux avoir confiance, c’est mon garde personnel, Isake. Je ne pouvais pas l’envoyer tout seul, en revanche, s’il vient avec vous, je suis sûr que vous y arriverez !
-Je vous remercie de tout coeur, Isake reviendra dès que nous en aurons fini avec Rioco.
-Bien, je vais le prévenir, vous pourrez partir avant ce soir.
-Dans ce cas j’attendrai à l’entrée avec mon ami ! »
Ce fut donc après une discussion tant attendue qu’Horace retrouva Cid dans les cachots. En effet, celui-ci avait tenté d’attaquer le garde qui l’avait immédiatement expédié en prison. Bref, après quelques pièces d’or perdues, la caution avait été payée et Horace n’eut que le temps d’expliquer le bilan à son ami, avant qu’Isake n’arrive. Il semblait être un homme bien entraîné, il avait les cheveux courts et blonds, il était de taille moyenne, vêtu de blanc et de bleu et armé d’une longue épée. Le départ fut rapide, et durant le voyage, nos amis eurent le temps d’adopter une stratégie, simple, mais efficace.
« Bon, résumons, si nous continuons à cette vitesse, nous arriverons au repère de Rioco en plein milieu de la nuit. Cela devrait nous permettre de nous infiltrer discrètement, et pendant que vous monterez la garde au niveau du chef et des sujets, je subtiliserai la clé, puis nous nous enfuirons, c’est bien cela ?
-Tout à fait. Et toi Cid, ça te va ? Questionna Horace.
-Ça m’a l’air risqué, donc évidemment que j’accepte ! »
ACTE 3
Comme prévu, nos trois aventuriers arrivèrent devant la grotte au beau milieu de la nuit. Ils se reposèrent quelques minutes avant d’enfin entrer dans le repère du voleur. A l’intérieur de la caverne était en fait creusé un véritable labyrinthe qui n’était éclairé que par de rares torches, il était donc très difficile de s’y orienter. Cependant, grâce à l’aide d’Isake, ils trouvèrent sans peine l’antre du maraudeur. Rioco y était endormi sur un lit de paille. Il était seul et quelque chose de rouge et brillant
était posé sur une commode : c’était certainement la clé. Celle-ci se trouvait juste à côté du bandit, il allait donc falloir être prudent. Isake fit un signe de tête à Horace et Cid, puis commença à discrètement s’avancer vers la commode.
Aucun son ne se produisait, tout était calme, Horace le remarqua, il pensait que tout était parfait, jusqu’au moment où Cid prit la parole d’un ton inquiétant : « Tu as vu ? murmura-t-il, de façon à ce qu’Isake n’entende rien.
-Je ne suis pas sûr, il s’est penché vers Rioco ? C’est mal éclairé.
-C’est vrai, mais grâce à mes oreilles de loup, j’ai remarqué autre chose ! Il lui parle !
-Comment ?
-Attends, j’écoute… »
Isake était effectivement en train de parler discrètement avec Rioco qui avait dû se réveiller, mais Horace, qui était épuisé et qui avait du mal à apercevoir quoi que ce soit, ne remarqua rien.
Quelques secondes plus tard, il vit le regard le plus effrayé que Cid n’eût jamais fait.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Le loup semblait tellement perturbé qu’il en perdait les mots.
« Il… Il… nous… a… tra… trahi !
-Quoi ? Parle normalement !
-Il… nous a trahis !
-Pardon ? Qui ? Isake ?
-Oui, il vient de réveiller Rioco et de lui dire qu’il ramenait enfin des gens à assassiner ! Partons ! Allons partons, vite !
-Mais, il nous faut la clé ! »
Alors que Horace prononçait ces derniers mots, Rioco bondit hors de son lit de paille et commença à crier : « C’bon les gars, réveillez-vous ! Kolu en a chopé que’ ques’ uns ! »
À peine Horace et Cid eurent-ils le temps de réagir qu’ils remarquèrent des trappes au sol qui s’ouvraient et une dizaine de silhouettes en sortir. Ils faisaient face à une troupe de bandits aux visages écorchés. La plupart d’entre eux étaient armés d’une machette, d’une dague ou dans le cas d’Isake et de Rioco, d’une épée longue. Horace put enfin apercevoir à quoi ressemblait ce dernier, il était petit et avait de longs cheveux bruns qui lui descendaient jusqu’aux épaules. Isake commença par dégainer son épée puis par s’approcher d’Horace tout en entamant la conversation : « Alors, c’est dommage hein ? Vous n’allez pas pouvoir récupérer votre chère clé ? »
Il parlait avec un ton dramatique, à un point tel qu’il en devenait ironique. En fait, il était certainement en train de se moquer des aventuriers. Rioco prit la parole : « T’nous ramènes enfin d’gens à d’trousser ! Bof, même si y en a qu’un, en c’moment y nous faut absolument d’fric. » Isake s’était arrêté à deux pas d’Horace et reprit : « Et ce n’est pas n’importe qui que je ramène, c’est le prince du royaume central ! »
Plusieurs applaudissements se firent entendre et Cid commençait à regretter d’avoir accepté le plan. Horace prit la parole : « Isake ! Reprends-toi voyons ! Tu ne vas pas me dire que tu es de mèche avec ce vil serpent qu’est Rioco !
-Alors commence par m’appeler Kolu : Isake, c’était un faux nom que j’avais pris pour protéger le roi. Enfin, je veux dire, pour soudoyer et corrompre ses gardes. D’ailleurs, tu ne connais pas la meilleure ? Tu es ici pour empêcher Vergris de récupérer les clés, mais malheureusement pour toi, nous travaillons pour lui, tu as donc échoué face aux hommes de ton rival, c’est triste non ? »
Des rires retentirent dans la salle puis Rioco ajouta : « Bon, c’pas tout ça, mais m’tenant vous avez plus l’choix, soit vous vous rendez et v’ souffrirez pô, soit vous r’ culez et vous vous engagez dans l’labyrinthe, autant dire qu’on vous r’ trouvera avant qu’vous ayez trouvé la sortie. Qu’est c’que vous choisissez ? »
Horace et Cid s’échangèrent un regard, Cid rigola d’un rire de défi puis annonça : « Désolé mon gars, mais grâce à mes sens de loup bien plus développés que les vôtres, je trouverai la sortie avant même que tu n’aies eu le temps de dire Kolu. »
Isake, ou plutôt Kolu lui répondit immédiatement : « Oui, c’est moi. »
Puis il asséna un violent coup d’épée dans le flanc de l’animal qui poussa un hurlement de douleur. Alors que le traître retirait son arme et que le sang du loup qui hurlait coulait à flots, Horace cria : « Dans ce cas, vous ne nous retrouverez jamais, ni nous, ni la clé ! »
Il se passa alors l’impossible, et Horace utilisa sa magie pour créer une puissante explosion de lumière afin d’aveugler toutes les personnes présentes dans la salle sauf Cid et lui-même. Il profita du moment d’inattention durant lequel tous les malfrats criaient, se protégeaient les yeux et lançaient plusieurs injures pour s’éclipser, puis soulever le loup et commencer à courir dans le labyrinthe.
« Tu te sens capable de me guider ? Si on s’en sort, je pourrai au moins atténuer la douleur avec ma magie !
-Argh… Je… Oui, là, à… gauche. »
Finalement, en très peu de temps ils arrivèrent au bout et sortirent enfin de la caverne. Arrivé dehors, Horace posa immédiatement Cid au sol, se retourna, et tendit ses mains vers la grotte. Il commença à scander une invocation composée de mots incompréhensibles pour les gens qui ne pratiquent pas la magie. Des voix se rapprochaient de la sortie quand il finit enfin son incantation. Un violent choc se produisit alors dans la roche située au-dessus de la caverne, qui s’effondra sur elle-même. La dernière chose qu’Horace entendit émaner de la caverne fut un bruit sourd puis une succession de mêmes bruits, mêlées à plusieurs craquements d’os. Enfin, ils en avaient terminé avec cette grotte. Mais Cid, agonisant, perdit conscience.
Quand, tout d’un coup, il sentit un nouveau souffle dans ses poumons, du nouveau sang dans ses organes, et une nouvelle âme dans son corps, il ouvrit les yeux. Il faisait jour, Horace se tenait au-dessus de lui, les yeux fatigués et pleins de larmes.
« Où… suis-je ?
-Nous sommes à l’entrée de la forêt d’Arkania. Ne parle pas trop, j’ai passé toute la nuit à te transporter jusqu’ici et toute la matinée à te soigner. Malheureusement, si tu ne repars pas tout de suite chez mon père, tu risques de mourir de tes blessures, je n’ai fait qu’atténuer la souffrance et l’hémorragie. Lui seul saura te guérir complètement.
-Je… Mais et les clés ?! »
Horace sortit de sa poche une grande clé rouge.
« Ne t’en fais pas, j’ai réussi récupérer celle-là avant de nous enfuir de la caverne.
-Bien joué… Mais laisse-moi venir avec toi, je ne peux pas te laisser seul pour aller voir le gardien de la forêt !
-Quel gardien ?
-Le… L’homme mystérieux qui vit dans ici, je le connais, il est très fort, et il n’est pas très commode, il ne te laissera certainement pas récupérer la clé ! Il paraît qu’il est immortel… Tu n’as aucune chance…
-Il faut que j’y aille ! Je dois absolument récupérer sa clé ! Même si je devais mourir pour sauver le monde, je le ferais !
-Je suppose que mes paroles n’y changeront rien… Dans ce cas, vas-y, mais… tâche de revenir vivant, et demande-lui où est la troisième clé si tu peux.
-Merci, Cid…
-Au revoir… Horace… »
C’est sur ce discours qu’Horace vit Cid se lever et commencer, d’un pas hésitant, à partir en direction du château. Horace allait devoir demander de l’aide au gardien de la forêt et peut-être en venir aux armes, ce n’était pas une tâche à prendre à la légère, lui-même savait qu’il n’en reviendrait probablement pas vivant. Mais il devait réussir, pour sauver le monde.
ACTE 4
Après plusieurs heures de marche dans les bois, Horace arriva au bord d’une falaise qui semblait longer la forêt. Quelques mètres avant le vide se trouvaient un piédestal sur lequel était disposée une clé verte, de même taille que celle récupérée précédemment. Il s’avança…
« Qui es-tu ? »
Une voix mystérieuse et vide s’éleva, il était impossible de décrire l’endroit précis d’où elle provenait, car elle semblait provenir de la forêt elle-même.
« Je suis là pour la clé ! »
La voix insista d’un ton agressif : « Qui es-tu ?
-Je… Je suis Horace Mordos, prince du royaume central ! Et j’ai besoin de la clé pour sauver… pour sauver le monde !
-Évidemment. Mouahahahaha ! »
Sous le tapis de feuilles qui se tenait devant le socle s’éleva un être gigantesque. Il sortait du sol tandis que les branches des arbres autour d’eux grandissaient d’une vitesse si fulgurante, que lorsque la créature était complètement visible, on ne voyait plus le ciel au-dessus des feuilles. Ce qui s’apparentait au gardien de la forêt mesurait trois mètres et ressemblait plus à un mage encapuchonné qu’à un homme. Il était vêtu d’une robe verte qui empêchait de voir ses pieds et d’une capuche qui assombrissait son visage sur lequel on pouvait distinguer de nombreuses cicatrices.
« Je suis Ifa, gardien de la forêt d’Arkania, et je te demande de m’écouter. Il y a de cela mille ans, une civilisation d’humains semblable à la vôtre vivait sur cette planète, à la différence près que n’importe qui avait la possibilité de faire appel à la magie. Ces gens avaient le devoir de protéger un coffre. Ce coffre, qui contenait une puissance magique infinie, fut la cause de la grande guerre entre les peuples de cette époque. En effet, tout le monde voulait le coffre, que ce soit pour ses désirs personnels ou pour son peuple. Enfin, presque tout le monde. Il existait tout de même un groupe de résistants qui protégea le coffre jusqu’à la mort. Mais à la fin de la guerre, ils cédèrent face aux armées trop nombreuses de leurs ennemis, et le coffre fut ouvert. Heureusement pour nous, la personne qui ouvrit le coffre n’avait pas d’affinité magique assez développée pour contenir le pouvoir et n’eut d’autre choix que de laisser s’échapper cette aura surpuissante. Le monde en fut gravement touché, et la plupart des mortels moururent sous le poids de l’environn