Ce volume, paru pour la première fois aux éditions L’Alphée/villa Médicis en 1986, est composé d’un choix de douze « récits-souvenirs » tirés du volume Riccordi-Raconti publié par Mondadori en 1956. Ces textes en prose donnent corps à l’ambition même de Saba, qui souhaitait écrire une autobiographie à demi rêvée, ou ce qu’il appelait un « portrait d’inconnu ». Un premier groupe de récits est placé sous le signe de Trieste : la ville est le décor ou l’arrière-fond du monde merveilleux que l’auteur s’est obstiné à y voir ; un second est dominé par des figures d’écrivains (Leopardi, D’Annunzio, Svevo), par la passion de la littérature dans ce qu’elle a de quotidien et de fabuleux à la fois. « La lumière de tous les récits (sans parler du ton), écrit Gérard Macé, est la même : celle d’une rêverie où se détachent les silhouettes d’un jeune homme et d’un vieillard, qui ne cessent de s’affronter, de se faire souffrir, et d’implorer un mutuel pardon : ils se nourrissent de Saba lui-même, dont la grande inquiétude est peut-être d’avoir à devenir la figure paternelle ou tutélaire qui le hante. »

Ed. Le bruit du temps – 04/10/2019